La rentrée est passée, tout le monde a repris ses routines, et le train-train d’automne s’est installé : le boulot, les priorités, la to-do list sans fin… Les jours raccourcissent, la lumière baisse, et la seule lueur d’espoir semble être la perspective des prochaines vacances.
Mais cette période peut aussi être une belle opportunité pour prendre soin de soi. En Ayurveda, chaque saison est une invitation à ajuster nos habitudes pour nous caler sur le rythme de la nature. Avec quelques ajustements simples, l’automne et le début de l’hiver peuvent devenir des saisons qu’on traverse en douceur, et même qu’on apprécie.
Petite précision avant de commencer : dans le Charaka Samhita, l’un des textes fondateurs de l’Ayurveda, l’automne ne ressemble pas du tout au nôtre, car le calendrier indien ne colle pas à nos saisons. Ici, on parle de ce qu’on observe chez nous, en France et en Suisse. A chacun d’adapter selon l’endroit où il vit.
Comprendre l’automne selon l’Ayurveda
Pendant tout l’été, Vata s’est accumulé tranquillement (Sanchaya), avec la chaleur et la sécheresse. Maintenant que l’automne arrive, il passe en phase d’aggravation (Prakopa).
Les qualités de l’automne sont celles de Vata : sec (ruksha), froid (sheeta), léger (laghu), mobile (chala), rugueux (khara) et subtil (sukshma).
Et ça se voit dehors : les journées se refroidissent, la brise se lève, l’air est sec, et le vent fait tomber les dernières feuilles des arbres.
On est passé d’une saison Pitta, l’été, à une saison Vata, avec une période de transition entre les deux, le Ritusandhi (j’en parle dans cet article).
Les conseils qui suivent valent aussi pour le début de l’hiver, où Vata reste en aggravation.
Le principe pour s’équilibrer
Pour comprendre ce qui suit, il faut se rappeler un principe de base de l’Ayurveda : le semblable augmente le semblable, et le contraire équilibre. Pour apaiser Vata, on va donc choisir des qualités opposées aux siennes :
- sec → onctueux, huileux (snigdha)
- froid → chaud (ushna)
- léger → lourd (guru)
- mobile → stable (sthira)
- rugueux → lisse (slakshna)
- subtil → dense (sthula)
Dinacharya : la routine
S’il y a une seule chose à retenir pour prendre soin en cette saison de Vata, c’est la régularité. Vata est mobile et irrégulier, alors le meilleur moyen de l’équilibrer, c’est d’adopter une routine rythmée par la régularité.
- Régularité : mêmes horaires pour les repas, le lever, le coucher, etc.
- Boire un verre d’eau chaude au réveil aura pour effet de calmer Vata instantanément et de stimuler l’élimination des selles
- Plus de lenteur : dans le rythme de la journée mais aussi dans nos activités. Quand on fait du sport, quand on marche, quand on travaille.
- Bouger en douceur : on privilégie une activité physique douce et régulière, comme la marche ou les étirements, plutôt que des mouvements brusques et rapides.
- Rester au chaud : on se couvre bien en sortant, si possible avec des matières naturelles.
- Bien se nourrir : le corps a besoin de lourdeur en cette saison. Avec le froid, le feu digestif (agni) se renforce, donc c’est le moment de manger plus consistant.
- L’abhyanga : l’auto-massage quotidien à l’huile apporte la qualité huileuse (snigdha) dont Vata a besoin. Se masser lentement et en douceur. L’huile de sésame est particulièrement recommandée, car elle est nourrissante et réchauffante.
Alimentation d’automne
Ici, nous voyons une alimentation adaptée au dosha Vata, donc aux personnes de cette constitution ou qui présentent un déséquilibre Vata. Si vous connaissez votre dosha, continuez de suivre le régime qui vous correspond (Pitta ou Kapha, par exemple). En revanche, si vous avez une constitution double avec Vata (Vata-Pitta ou Vata-Kapha), c’est le moment d’adopter un régime Vata pour cette saison:
- Saveurs à privilégier : doux (madhura), acide (amla), salé (lavana).
- Qualités : chaud, cuit, huileux, nourrissant, lourd (n’hésite pas à ajouter du ghee ou des huiles bio pressées à froid dans tes plats).
- Exemples d’aliments de saison : courge, pommes et poires (cuites), céréales cuites, soupes, kichari, porridge, purée, etc.
- Cuisiner avec des épices réchauffantes pour Vata afin d’équilibrer la digestion : cardamome, fenouil, noix de muscade, cannelle, cumin, gingembre.
- Boire des infusions de ces mêmes épices
Yoga adapté à l’automne
- Pratiquer à un rythme lent, doux ancrant: on privilégie le hatha yoga doux, le yin yoga ou les pratiques avec des mouvements lents. Retrouvez ici mes pratiques de yoga pour Vata en vidéo.
- Asanas
– Toutes les postures qui favorisent l’ancrage : postures assises, postures au sol, et postures d’équilibre comme la posture de l’arbre (Vrikshasana).
– Les flexions avant comme la pince (Paschimottanasana). Elles agissent sur le gros intestin, qui est le siège de Vata.
– Les flexions arrière douces comme le cobra (Bhujangasana).
– Les torsions et les mouvements de la colonne car ils aident à libérer Vata.
– Les postures d’ouverture des hanches, comme le pigeon (Ardha Kapotasana). - Pranayama: Nadi shodhana (respiration alternée) est le pranayama par excellence pour calmer Vata, grâce à son effet équilibrant.
- Penser aussi à la méditation et au yoga nidra pour bien récupérer.
Ce qu’il faut éviter en automne
Tout ce qui augmente Vata, et donc les qualités sèche, froide, légère et mobile:
- Une nourriture froide, crue, trop légère ou sèche (l’exemple parfait : le petit-déjeuner avec du yaourt froid, des céréales non cuites et des fruits)
- Les jeûnes, les détox et tout ce qui met le corps à l’épreuve, comme les sports et exercices trop violents
- L’exposition au froid et au vent sans vêtement chauds
- L’excès de déplacements et voyages
- Se coucher tard, dormir peu, la surexposition aux écrans, en particulier avant d’aller dormir
- Les excitants (café, cigarette, etc) et la surstimulation en général
Signes de déséquilibre de Vata à surveiller
- Sécheresse (peau, intestins)
- Constipation
- Insomnie
- Anxiété
- Agitation, mental dispersé
- Articulations qui craquent
- Rigidité musculaire
En conclusion
Ces conseils se prolongent au début de l’hiver (environ jusqu’à mi-janvier). Mais encore une fois, le cycle des doshas dépend de l’endroit où on vit.
Si on ne doit retenir qu’une chose, ce serait d’adopter une routine régulière (dinacharya). C’est vraiment le point de départ.
Sachez que Vata est le dosha qui se déséquilibre le plus facilement, et encore plus en cette saison. La plupart d’entre nous ont un déséquilibre Vata. Pour savoir où vous en êtes, ajuster votre alimentation, votre routine, et travailler sur vos déséquilibres, je propose des consultations en Ayurveda en personne, des massages Abhyanga et d’autres soins thérapeutiques corporels.
Mes prestations sont reconnues par ASCA et RME en Suisse.

